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LA GUERRE DE 1914 - 1918
ou JOFFRE un âne qui commandait des lions de ROGER FRAENKEL Née de l'affrontement des intérêts franco allemands, autant que de l'arrivée de la puissance allemande dans le concert européen où elle succédait sous les yeux de l'arbitre anglais, à l'Espagne, puis à la France, cette guerre fut pour la France la plus meurtrière qu'elle ait connue. On sait que l'Etat-major français avait fort mal préparé ce conflit, sur des bases archaïques autant qu'imbéciles et que les revanchards au pouvoir s'étaient montrés patriotes d'apparat plus que d'efficacité. Les soldats payèrent et payèrent chèrement l'incompétence des chefs. Une question hante encore aujourd'hui ceux qui se penchent sans ce fameux recul - l'arme des imbéciles pour pouvoir ignorer l'horreur - sur cette période : la guerre était-elle inévitable ?
Autant le dire d'entrée, il n'existe pas de bons livres d'histoire sur cette guerre qui n'a été traitée que par des vulgarisateurs incapables de démêler les fils des intrigues multiples et qui, en tant qu'Histoire, reste à écrire. Quant aux mauvaises œuvres de fiction(*) écrites par des gens qui n'ont pas vécu cette période, pourquoi irait-on s'en embarrasser quand il y a autant de témoignages intéressants, d'écrivains plus talentueux et de combattants les uns comme les autres plus authentiques ?
- Gabriel Chevalier, La Peur : Pour beaucoup, ce livre est le meilleur écrit sur cette période. Un livre qui, après avoir figuré au catalogue du Livre de Poche, était difficile à trouver et qui a été réédité avec bonheur récemment (Passeur) - Jean Bernier, La Percée : Ce livre flamboyant dont Pierre Drieu la Rochelle écrivait qu'il est le meilleur sur la guerre, meilleur que les siens, est un véritable chef d'œuvre, un livre qui ne fait ni éclater ni exploser la langue ou la littérature comme le prétendent les ânes des ignobles écrits de Céline, mais un livre qui en exploite les possibilités, qui donne au mot un sens si plein, si fort qu'il semble nouveau. Un des maîtres de la langue, un styliste qui sait que le style est au service des idées et qu'il n'est rien, vide, mort né, sans elles. - Erich Maria Remarque, A l'Ouest rien de nouveau : Le grand classique allemand de cette période. - Roland Dorgeles, Les Croix de bois : - Gabriel Jolinon, Le valet de gloire : - Henri Barbusse, Le Feu. Un livre longtemps considéré par "certains" comme le classique de la guerre de 14-18. - Pierre Drieu le Rochelle : La Comédie de Charleroi, des nouvelles qui forment presque un roman. Une des meilleurs œuvres de l'auteur, une œuvre de témoignage autant qu'une œuvre littéraire importante. D'une certaine façon on lira également avec intérêt Gilles qui déborde la guerre mais ne cesse jamais vraiment d'en parler. - André Theuriet, Rouge et sang - Joseph Lintier, Ma pièce de soixante quinze - Général Lanrezac, Le Plan de campagne français : Le témoignage indispensable et sobre de celui qui fut le sauveur de la France dans ce premier mois de guerre où les erreurs du haut commandement coûtèrent si cher. - Fernand Engerand, Le Secret de la Frontière : Ecrit par un député au cœur de la tourmente, ce livre est indispensable à qui veut comprendre les premiers affrontements et les erreurs du commandement français. - Cardinal Alfred Baudrillart, Journal : Les catholiques pendant le conflit. Témoignage intéressant d'un homme qui devait plus tard, suivre ses semblables dans les voies de la collaboration. - Jean de Pierrefeu, Plutarque a menti, Les nouveaux mensonges de Plutarque : Trucages et défaillances du commandement par un homme peu soupçonnable d'antipatriotisme ou d'antimilitarisme! - Ernst Junger, Orages d'acier : Le plus beau livre sur cette guerre. Ecrit par un héros allemand qui devait mourir à plus de cent ans après avoir été blessé gravement trois fois au front, en dehors de toute rhétorique pacifiste, ce livre fait d'autant plus peur par ce qu'il montre. - Roger Martin du Gard : L'été 14. Ce livre qui termine le seul grand roman cyclique* de la littérature française, Les Thibault, valu à son auteur le Prix Nobel. (* Au-delà des apparences, je ne considère pas le chef d'œuvre de Proust comme un roman cyclique, ce qui ne constitue aucunement une critique, seulement un choix de type romanesque.) - Jean Giono : Le Grand Troupeau. L'œuvre d'un pacifiste. "Gâcher la vie! Gâcher la vie!". La guerre réduite à ce qu'elle est : la mort et l'absence. - D'Harcourt Robert : Souvenirs de captivité et d'évasions 1915 - 1918. Des aspects peu traités de la Grande Guerre. - Prudhon Joseph : Journal d'un soldat 1914 - 1918 Recueil des misères de la Grande Guerre. ( L'harmattan 2010 ) Joseph Prudhon voir également Edité par son petit fils, Michel Vouillot et sa femme, ces carnets couvrent la totalité de la guerre de 1914 - 1918 au cours de laquelle Joseph Prudhon servit dans l'artillerie. Trois frères servaient dans l'infanterie, un sera tué vers la fin de la guerre ainsi qu'un beau-frère plus tôt. C'est une bonne action que de publier ces carnets à une époque où certains, contempteurs des droits de l'homme, semblent avoir la nostalgie de la grande époque des nationalismes où pas un Président de la République ne manque d'aller faire le clown sur des tombes de généraux félons. Joseph Prudhon qui est un de ces millions d'hommes "ordinaires" qui ont subi cette abomination, pour la France on estime le nombre des morts à 1 300 000, il fut beaucoup plus élevé si l'on tient compte de ceux qui moururent dans les années qui suivirent l'armistice des suites de toutes les saloperies ramenées des tranchées. Pas de trace dans ces carnets du Père la Victoire, lamentable image d'Epinal des journaux nationalistes, ici, on ne parle que des jusqu'au-boutistes qui jouent avec la vie des autres et - Joseph Prudhon ne le sait pas encore, mais avec celle des générations futures, puisque ces abrutis, Clémenceau en tête, ne seront pas capables de stabiliser l'Europe à l'issue du conflit, il s'en faut de beaucoup. Ne le savait-il pas Joseph Prudhon quand il écrivit ces carnets sous les bombes, dans la boue, parfois couvert de poux ou mangé par des exémas ? Rien n'est moins sûr ! Dans une longue note, la plus longue de ces carnets, Joseph écrit : " Ah ! Oui, Poilu est un nom qui nous va bien ! Ce sont bien les poilus, les abrutis qui se font tuer, sans aucun avantage que la misère à venir. " La même question revient toujours et encore : comment ces hommes n'ont-ils pas retourné, en France comme en Allemagne, leurs fusils sur les enfants de putains qui les gouvernaient ? La réponse est simple. Trop tard. C'est en temps de paix qu'il faut se débarrasser de tous ces salauds. Et, en temps de paix, les fausses démocraties, les journaux, les médias, abreuvent la population de mensonges, l'endorment, lui font déjà tout subir testant la résistance du corps social jusqu'au moment de le mener aux abattoirs. La réduction de l'âge de la retraite, le démantèlement de la Sécurité Sociale, de la justice, de l'Education Nationale, la liquidation des entreprises d'état, l'ouverture des frontières aux marchandises - aux saloperies du tiers monde et de la Chine, - jusqu'aux âneries calculées d'un Zemmour, ce Barrès de la médiocrité, tout cela est dans la ligne des grandes tueries, dans le même mépris du peuple, hélas, mérité ! Car Joseph Prudhon, comme mon grand-père, a été jusqu'au bout, avalant les gaz avec les bobards de la démocratie tueuse, ne croyant certainement pas plus à l'une qu'à l'autre, mais acceptant en assumant, après la guerre, son rôle de chef de famille. Au moins a-t-il laissé ces carnets, ces pauvres notes, dans lesquelles il nous dit simplement, quotidiennement, l'horreur et sa lucidité, et cela c'est un petit pas dont ses enfants et petits enfants et ..., nous, devons tirer quelque chose dans un monde livré plus que jamais au mépris de l'homme. " Cela devient long et l'on n'avance guère. " 14 janvier 1915, " ... nous crevons de faim. C'est dégoûtant d'être traités de la sorte " 18 avril 1915, " Nous crevons de faim, du pain moisi, et de la viande qui empoisonne." 23 avril 1915. Le premier septembre 1915, en Champagne : " ... nous dormons dans la boue. Nous n'avons qu'un brin de paille chacun que nous volons aux chevaux. ", " Ce n'est pas la peine de payer ces gens-là pour nous commander de la sorte, le premier venu aurait plus d'intelligence. Pauvre Peuple " 18 septembre 1915. Le 27 janvier 1916, l'armée fait un essai de gaz sur les soldats enfermés dans une grotte, on atteint ici au comble de la saloperie, le responsable sera Maréchal de France et reçu triomphalement à l'Académie Française ! Par ce mépris des hommes que Joseph Prudhon par son simple témoignage met bien en évidence, la guerre de 1914 - 1918, telle qu'elle s'est déroulée dans l'armée française, préfigure bien l'horreur absolue qui suivra et dont les nazis seront le vecteur. Vecteur expiatoire d'une société trop prompte en l'occasion à oublier qu'elle a ouvert la voie et qu'elle porte l'entière responsabilité de ce qui a suivi. (Novembre 2010)
*Il semble en effet que cette guerre succède en partie chez les imbéciles, avec la période napoléonienne, au goût non moins stupide de l'égyptomanie qui fit la fortune de mauvais écrivains il y a peu. 28 décembre 2002 (Mise à jour 10 juin 2008)
"Laissez les historiens faire l'histoire ..." D'abord, "ils l'a font". C'est à dire qu'ils la façonnent, pour la plupart, à leurs idées. Ensuite, si les carences abominables, effarantes, de l'Etat-Major étaient et sont connues et soulignées par presque tous les historiens, les conséquences n'en sont pas toujours tirées. A savoir que celui qui cautionnait tout cela ne pouvait être qu'un sombre crétin et Joffre en fut un. Il a, Joffre, eut le génie des chemins de fer, entendez, il a brillamment utilisé les moyens de transport pour gagner la course à la mer. Oui, mais il était quand même plus facile d'utiliser nos moyens, intacts, que, ce que les Allemands devaient faire, courir sans moyens car ceux-ci étaient détruits au fur et à mesure de leur avance en terrain ennemi. Joffre n'a pas été glorieux, il a, dans ce seul cas, été "à la hauteur" de la tâche. Il aurait pu être nommé à la tête des compagnies de chemin de fer, encore y aurait-il certainement truqué les horaires pour cacher les retards, comme il l'a fait des ordres aux armées, enregistrés seulement après qu'ils aient été exécutés, quand on savait s'ils avaient été catastrophiques ou non. Aujourd'hui, je ne doute pas que dans les bonnes écoles on apprenne la vérité au moins en partie sur ce premier mois de guerre qui a été un crime de l'Etat-Major. Mais, il reste des historiens vulgarisateurs qui ne disent pas la vérité, il reste des statues à déboulonner, des titres de maréchal à retirer pour écrire l'histoire comme elle devrait l'être. Il reste un grand mensonge. La plupart des généraux incompétents ne l'étaient que parce qu'ils obéissaient au règlement doublé des ordres imbéciles. Ceux qui comme Lanrezac, obéissaient mal à des ordres criminels, obtenaient des résultats, voire empêchaient la catastrophe, ont été balayés sous les mensonges de Joffre ... comme par hasard frappé par la maladie d'Alzheimer lors de son audition par la commission d'enquête après guerre : il ne se souvenait de rien, le pauvre homme ! Même pas de 300 000 morts, assassinés par lui ! Maréchal ! (16-9-2009)
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